Gendarmes tuées dans le Var

Depuis lundi matin, je me tâte… Je fais un article, ou pas ? Même si j’ai déjà transmis mes condoléances pour la perte de ces deux « sœurs d’arme », je me dis que finalement…ça ne sera pas de l’excès que de le faire durablement ici (après tout, c’est mon espace d’expression personnel et surtout privilégié ; la certitude de ne pas oublier car il ne faut jamais oublier)…

Alors oui, même si ça fait quelques années maintenant que j’ai quitté le petit monde de la brigade pour rentrer dans la spécialité informatique, je n’oublie pas ce que je suis et par où je suis passé… Il y a des choses qui ne s’effacent pas et qui restent gravés en nous au plus profond.
Pour moi, ces choses là en fond partie.

Alors, à nouveau : « sincères condoléances aux membres de la famille, aux proches, aux camarades de ces deux sœurs d’arme »…

De la tristesse et de la colère, c’est pour le moment les deux ingrédients principaux du cocktail de pensées qui tournent en boucle dans mon crane ; je ne vais donc rien dire d’autre (même si je n’en pense pas moins).
😡

Une page de condoléances a été ouverte sur le blog Police et réalités (ce n’est pas un organe officiel ou quoi que ce soit d’autre, mais à la limite…ça peut permettre de laisser un mot, soutien ou simple pensée, tout est utile dans ce genre de circonstance) !

Je reproduis ici un texte posté en commentaire sur l’article en question, il a été posté par Marc Louboutin :

Intervention de routine.
Une liste des missions pour la nuit.
Une patrouille pour passer au domicile d’un suspect de vol.
Routine.
Les deux femmes ont l’habitude. C’est leur métier. Celui qu’elles ont choisi, sous l’uniforme de la gendarmerie.
De quoi ont elles parlé dans la voiture ?
Des vacances qui approchaient ? Des enfants qui grandissaient ? Des projets avec leurs hommes ?
Routine.
On est pas dans un film, juste dans le quotidien d’une mission de sécurité publique.
Message radio pour quitter l’écoute.
Ont elles ri comme cela arrive souvent d’une blague éculée en quittant leur véhicule ?
Routine quotidienne.
Toujours.

Explosion de violence subite, incontrôlable, imprévisible. .
Celle que seuls les femmes et hommes en bleus connaissent.
Celle dont les penseurs, les titres en “ogue” : sociologues, criminologues et j’en passe, les procureurs, les journalistes, les commentateurs de comptoir, les responsables politiques, se sentent autorisés à débattre sans fin le cul posé dans le confort sans en connaître la moindre miette.
Celle qui fait mal, qui hurle, qui cogne.
Celle de la douleur, de l’odeur de la poudre qui suit une détonation qui rend sourd, juste avant la tiédeur du parfum du sang.
Celle d’un corps resté au sol dans une flaque rouge qui s’élargit.
Celle, ensuite, de la panique, animale, aigre et glaçante. Tout le monde à peur dans ces cas là, hommes, femmes, malgré l’uniforme, malgré l’expérience, malgré la force.
Celle d’essayer de fuir la sauvagerie alors…
Celle d’une deuxième exécution barbare dans le noir sur la place d’un village d’ordinaire baigné de bonheur simple et ensoleillé

Il fait jour.
Dans toute la France ce matin la routine a repris pour les policiers et gendarmes.
Cela plaisante moins. Les patrouilles sont tristes.
Elles savent encore plus que chaque jour, les interventions les plus banales peuvent tuer par surprise.

Sous chaque tenue bleue il y a des pincements de coeur parce que deux gendarmes sont mortes assassinées la nuit dernière.

“Victimes du devoir” selon le terme consacré des discours trop entendus, toujours désespérants de similitude, de lieux communs.

Un “devoir” abreuvé injustement de la vie de deux jeunes femmes cette nuit.
Elles nous manquent à tous, même sans les avoir connues, parce que c’est la même passion qui fait battre nos veines.

Si elles pouvaient manquer autant à l’ensemble des citoyens cela paierait un peu leur sacrifice à sa vraie valeur.
Car c’est avant tout pour eux qu’elles se sont battues. Et qu’elles sont tombées…

Adieu Camarades. Dans la douloureuse liste de nos martyrs vous resterez dans nos pensées. »

C’est un beau texte et je ne pense pas que je pourrais faire mieux… 😐

Une conclusion : « à tous, soyez prudents et faites gaffe ! »

6 commentaires

  1. Je tombe par hasard sur ce billet qui fait revivre en moi un instant particulier.

    J’ai appris la nouvelle, un peu comme tout le monde. Le matin sur RTL, Laurent Bazin. On se dit « merde », on pense déjà aux répercussions, aux âpres discussions qui viendront. Finalement, on en vient à réduire un tel événement à un rencontre sportive : « on refait le match ». On analyse, on suppute, on philosophe.
    Je préfère garder le silence, je suis bien mal placé pour participer à ces discussions. J’écoute, j’observe, j’essaie de comprendre le point de vue de chacun.
    Chez certains, une forme de misogynie resurgit. Climat nauséabond.
    On en tire les mêmes conclusions que Marc Louboutin : une journée de travail ordinaire qui a viré au drame.

    Acte de voyeurisme honteux (ou pas, ce n’est pas à moi de le dire), j’ai facebooké. Juste pour « voir » qui étaient ces deux femmes.
    Concernant l’ADJ, je vois « un ami en commun ». Frisson. Je me suis peut-être trompé.
    Non, elle vivait à 30 bornes de chez mes parents, c’était une amie de mon ancienne prof d’anglais (avec qui j’ai encore de bons contacts).

    Le monde est petit. Petit mais cruel.

    • Eh oui Natroll, le monde est petit…
      …d’autant plus quand il est à l’échelle humaine ; en ce qui me concerne, je l’ai constaté à de nombreuses reprises !

      Pour le reste, je pense que nous en discuterons un jour…IRL…si nous avons la chance de nous croiser ; ce qui peut tout à fait arriver…après tout, la planète n’est pas si grosse que ça, la France si étendue que ça et les gendarmes…si nombreux que ça.

      Le monde n’est pas cruel Natroll, l’homme se charge très bien de cet aspect de la vie…
      🙁

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