Cédric

Ça fait maintenant un peu plus d’une semaine que je sais que c’est toi qui est tombé lors de l’exercice d’abordage sur un navire de la marine nationale ; en fait, nous l’avons su au CNFSICG dès le lendemain des faits…
…c’était « normal » que nous le sachions pour au moins un point précis : tu avais passé quelques mois avec nous en qualité de stagiaire au DTSIC et tu en étais sorti en juin dernier !

Tu étais gendarme, tu étais au GIGN et tu étais spécialiste SIC (oui bon, tu étais en train de faire ton UV6 du DTSIC et officiellement tu n’aurais été SIC qu’après avoir validé celle-ci mais…je dois avouer qu’en termes d’humain nous sommes une bonne partie à nous en talquer le baigneur de l’administratif et que dès la sortie du stage : ce sont des SIC que nous avons en face de nous et que la distance que nous mettons entre le stagiaire et nous, s’efface d’un coup dès la fin du stage)…
…en juin dernier, tu participais à la petite cérémonie de remise de l’écusson SIC et c’est un des formateurs du centre qui plaçait celui-ci à ton épaule !

Initialement, j’aurais aimé écrire cet article « plus tôt » mais il fallait laisser le temps filer, au moins un peu… Le temps que ta famille et tes frères d’arme accusent le coup et gèrent ce qu’ils avaient à gérer… Le temps au temps comme disait je ne sais plus qui.
😥

C’est aujourd’hui que tout se termine pour toi « physiquement » donc finalement, c’est peut-être le meilleur moment pour poster ce message, un peu comme un dernier hommage…celui de quelqu’un qui aurait aimé te connaître un peu plus ou un peu mieux et qui aurait aimé te recroiser afin de travailler avec toi (en plus tu sais, j’suis pas trop chiant comme chef…mais ça tu le savais p’tet déjà).

Il y a quelques semaines, nous nous étions recroisé au CNFSICG et notre conversation avait été écourtée car tu n’avais que le temps de la pause entre 2 cours du stage que tu suivais et il fallait que tu répondes à un appel téléphonique…nous ne terminerons donc jamais cette conversation et j’avoue que ça me fait chier à pas mal de titres…
…j’vais pas détailler hein, c’est un article hommage et pas une « baignoire à pathos » !

Plus tôt, pendant le stage DTSIC…je n’étais même pas ton commandant de brigade, je n’ai donc pu te côtoyer de façon proche pendant la phase de spécialisation…c’est dommage ; en tous cas, que ce soit du côté des autres stagiaires ou de celui des formateurs, on ne peut pas dire que tu sois passé inaperçu et ce n’est pas parce que tu avais l’insigne du GI’ sur l’épaule que tout le monde te connaissait (y avait pas besoin de regarder le trombinoscope des stagiaires pour associer ton nom à ton visage)…
…non, tout simplement parce que tu faisais preuve de très bonnes qualités humaines et que c’était un plaisir de te côtoyer (en plus tu avais de l’humour et t’étais pas le dernier à sourire à mes délires à certaines occasions).

J’vais pas faire des masses plus long Cédric et je vais bientôt conclure ; je vais le faire en étant d’accord avec un de tes camarades, que tu as côtoyé au GI’ avant de le retrouver au même stage DTSIC que toi…et que j’ai recroisé lors de la cérémonie d’hommage sur la plateau à Satory mercredi dernier :

Cédric, sa dernière blague…elle n’est vraiment pas drôle !

Ça ne veut pas dire que tu faisais tout le temps le con hein ; tu savais faire la part des choses et tu étais d’un sérieux implacable quand c’était nécessaire…
…au GIGN, on ne prends pas des « rigolos » irresponsables ; là, c’est notre réaction pendant cette discussion qui nous a fait associer le fait à une « putain de blague ».

Au jour où tout se termine « physiquement » pour toi (c’est aujourd’hui que tout se termine au niveau familial chez les tiens), je renouvelle mes plus sincères et fraternelles condoléances à tous ceux qui ont pu te croiser et t’apprécier pendant les 28 années de cette vie qui fut la tienne…

A plus Cédric, s’il y a un « après » alors il y a des chances qu’on s’y recroise…
…sinon, eh bah c’est pas grave, j’aurais quand même eu le plaisir de te croiser et de t’apprécier !
😉

Les commentaires sont ouverts mais si j’en croise des « haineux » comme j’ai pu en croiser sous certains articles de la presse en ligne, ils seront purement et simplement supprimés.
J’en profite pour conseiller la lecture d’un article sur le blog de David Manise et qui est intitulé : pourquoi honorer les guerriers morts au combat ? ; parce que dans notre métier, le combat c’est un peu tous les jours et qu’au GIGN, les entrainements sont autant un combat qu’une intervention !

6 commentaires

    • Oh oui, c’est sûr que sa famille, ses amis, collègues direct, etc. sont les 1ers touchés (sincères condoléances à eux tous au passage, sans savoir s’ils liront ce message un jour).
      Mais tout de même, perdre une personne avec qui tu aspirais à faire connaissance, c’est pas facile non plus, ça laisse un vide, une impression de « pas terminé ».

  1. En lisant cet article, je m’aperçois que les gros durs comme les militaires et les marines ont quand même un cœur et ça me touche ! A la télé, surtout dans les films, ils sont solidaires c’est vrai, mais là c’est de la comédie. A présent, j’ai la preuve que ce n’est pas uniquement de la comédie ! Un bel hommage touchant mais quand même réaliste. Surtout vers la fin !

    • Merci pour le commentaire Aurélien… 😉

      Eh oui, sous l’uniforme il y a un être humain avec les forces et les faiblesses propres à tous ; néanmoins, il y a un p’tit plus qu’on trouve de plus en plus difficilement dans notre société où l’individualisme prend le pas dans énormément de domaines : cohésion et esprit de corps !
      Ce genre de chose, c’est ce qui nait et unit ceux et celles qui vivent les mêmes emmerdements…qu’on les qualifie ou pas de « majeurs »…et qui doivent se serrer les coudes pour avancer : ça soude les cœurs et ça permet d’aller plus loin.
      Bien sûr, ces valeurs ne sont pas partagées que par les militaires hein…ceux qui partagent les moments vraiment pourris sont à même de comprendre le truc !

Participer à la vie du Pseudo-Quasi-Blog en laissant un commentaire... ;-)