Données, politique de sauvegarde et loi de Murphy

J’adore raconter…que ce soit mon vécu, les expériences que j’ai pu vivre, l’expérience que j’ai pu acquérir ou tout simplement : tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi en fait !

Mais, pas gratuitement…dans le sens « pas pour rien » ou pour être plus précis : il y a un but, c’est forcément pour transmettre quelque chose…et non pas « pour m’écouter parler ou me regarder le nombril »…

Aujourd’hui, un p’tit « RETEX », c’est à dire…un retour d’expérience…que je place de temps en temps à mes stagiaires lorsque je fais certains cours et qui colle au titre de cet article !

ATTENTION, le texte est…un peu…long. 🙄

Pourquoi je mets ça dans la catégorie « réactions » !?

Tout simplement, parce que j’entends encore trop souvent…tout et n’importe quoi…lorsqu’il est question de sauvegarde des données numériques…
…putain de merde (oui je sais, jurer c’est pas beau), sauvegarder des données professionnelles sur clé USB ; combien de fois faudra t’il dire qu’une clé USB est un support de transport de données et pas un support de sauvegarde de données !?
😡

Dans notre vie de tous les jours, que ce soit côté travail ou côté vie privée, les données numériques occupent de plus en plus de place et prennent parfois de plus en plus de temps pour être gérées efficacement.

Qu’on soit un professionnel ou un particulier, un minimum de réflexion s’impose ; je dis bien « un minimum », ça ne sert à rien de se poser des questions dans tous les sens et la seule question que je me pose est : qu’est ce que j’accepte de perdre ou qu’est ce que je peux me permettre de perdre ?

Pourtant, même avec la meilleure volonté, l’organisation la plus stricte, la logique la plus implacable…
…ce salopard de Murphy peut « sonner à votre porte » et là…c’est le drame !

Ce que je vais partager avec vous est malheureusement vrai et je vais même pas dire que « c’est arrivé à un bon ami à moi », j’assume toujours tout…le meilleur et le pire…les réussites et les méga-boulettes ; seulement là, même si ce n’est pas une réussite…j’me suis toujours demandé : « mais, où ai je fait la boulette ? »
🙄

Quelques camarades, parmi ceux qui me connaissent le mieux…me considèrent comme un « psycho de la sauvegarde », un « névropathe de l’archivage torturé avec sauvegarde, archive des sauvegardes précédentes, etc… », ce qui fait que ce que j’ai vécu…
…en a scié quelques uns et a fait marrer le reste !

Il y a quelques années, alors que j’étais encore affecté au SSIC du groupement de gendarmerie départementale de la Corrèze, en terme de politique de sauvegarde de mes données professionnelles, je m’organisais comme ceci (nous avions deux ordinateurs sous « windows XP Pro » au sein de notre atelier) :

  • seul le minimum vital était dans le profil utilisateur ;
  • mon répertoire de documents était placé sur la deuxième partition de l’ordinateur ;
  • chaque donnée exploitée était archivée dans un autre répertoire sur cette deuxième partition ;
  • les données en cours d’exploitation et les archives étaient sauvegardées dans une autre partition ;
  • les différents répertoires contenant toutes ces données étaient « partagées » vers l’autre ordinateur de l’atelier (ce qui me permettait d’accéder à toutes mes données, quelque soit l’ordinateur sur lequel j’avais ouvert ma session utilisateur) ;
  • pour chacun des partages, j’avais établi une « politique de sécurité » avec gestion fine des droits d’accès (depuis qu’il m’était arrivé qu’un charmant collègue ait supprimé mes dossiers car, selon lui, j’utilisais trop de place sur l’un des ordinateurs…j’avais pris pour habitude de ne pas laisser mes « relations de travail imposées par l’Etat » toucher à mes données, même professionnelles) ;
  • chacune de ces informations (données en cours de traitement, archives et sauvegardes) étaient dupliquées sur l’autre ordinateur de l’atelier. Je synchronisais tout ça à la fin de chaque semaine…lorsque j’avais le moins de pression possible (pour ne pas prendre le risque de faire ça, à la va vite) et je vérifiais la sauvegarde ;
  • chaque fin de mois, je faisais la sauvegarde de toutes mes données sur mon disque dur externe que j’utilisais « uniquement » pour le travail (pas de données perso dessus, vraiment…que…les documents de travail). Qui plus est, ce disque dur externe ne restait jamais branché en permanence sur un ordinateur ou sur le secteur et lorsque je ne l’utilisais pas, il était rangé dans une autre pièce que l’atelier, dans un endroit « sec » et où il ne risquait pas de tomber voire de recevoir des chocs ;
  • tous les trois mois, je faisais une sauvegarde de mes données les plus importantes sur un DVD-RW et je vérifiais la sauvegarde ;
  • étant « adjoint au chef de service », j’avais aussi une session créée sur l’ordinateur de celui-ci (même bâtiment, mais pièce différente) et les fichiers sauvegardés sur le DVD-RW y étaient aussi sauvegardés.

Vous allez me dire, avec une telle organisation…il ne devrait pas y avoir de problème. Eh bien pourtant, le cas s’est présenté… Laissez moi vous conter la « cocasserie » qui m’est tombée sur la courge !
:mrgreen:

Retour de permission, comme à chaque fois je suis toujours un peu…tendu ; non pas que je sois stressé par mon « retour au travail » mais depuis déjà pas mal de temps dans cette affectation…du moins depuis l’été 2002, j’avais remarqué que les plus beaux emmerdements me tombaient dessus lorsque je revenais de vacances.

Ce lundi matin, j’arrive de bonne heure (dans les 07h30 à 07h45) et je constate que mon « very bad feeling » est fondé ; je retrouve le camarade qui était de permanence la semaine précédente, aussi blanc qu’un linge devant les ordinateurs de l’atelier… Problèmes électriques dans l’atelier, le premier ordinateur à fait « pchout » le samedi dans la journée et le deuxième a fait « pchout » le dimanche…alors qu’il essayait de dépanner le premier… Sur le coup, je me marre car je me dis que « pour une fois », ce n’est pas sur mon cul que cet enfoiré de Murphy se faisait les dents, du moins…le pensais je (bah oui, j’avais fait toutes mes sauvegardes avant que de partir en permission ; donc à la limite…j’avoue même que je me foutais un peu de la gueule de mes p’tits camarades).

Le problème originel est réglé, nous nous disons donc qu’il est temps de repasser en opérationnel !

Les disques des deux ordinateurs ont morflé et finissent de mourir…dans une lente et cruelle agonie. Avec mes camarades (du moins, avec ceux qui se sentent un minimum concernés…car parfois, même en milieu professionnel…on peut avoir des collègues qui n’ont pas la même motivation…on va dire ça comme ça), nous faisons notre possible pour récupérer le plus de données possible…
…avant mort finale des supports (on tient parfois la main des mourants lorsqu’ils passent de vie à trépas, peut on dire qu’on tient les plateaux d’un disque dur lorsqu’il fait entendre son dernier cliquetis ? Allez savoir).

En terme de ressources récupérées, c’est vraiment la dèche… La quasi totalité des fichiers est perdue ; nous ressortons donc tous nos différentes sauvegardes faites sur des supports aussi divers que variés.

Et, c’est là que ça dérape…du moins, que ça commence à déraper…parce que le cauchemar ne faisait que de commencer !

Lorsque je branche mon disque dur externe sur l’un des deux ordinateurs (avec nouveau disque dur et donc nouveau système), j’ai droit à un message me disant que mon support n’était pas reconnu, qu’aucun système de fichier ne semblait être présent et que donc…on me proposait : « voulez vous formater ? »

Là, j’ai commencé à ouvrir de grands yeux… 😯

Quand le message a été le même lorsque j’ai branché mon disque dur externe sur l’autre ordinateur, j’ai commencé à avoir des sueurs froides… 😳

Je profite du truc pour vous renvoyer vers un précédent article où je donne quelques « astuces » ; certaines informations peuvent être utiles.

Ca ne s’est pas amélioré lorsque j’ai branché ce disque externe sur tout ordinateur que j’ai pu croiser ; y compris en démontant tout (disque changé de boitier et tout et tout)…et qu’à chaque fois, j’avais la même réponse !

J’ai donc ressorti mon DVD-RW…comble de chance, même si la précédente sauvegarde sur ce DVD-RW ne datait pas de trois mois, j’avais fait une copie juste avant ces vacances là…me disant que « ça ne mangeait pas de pain »…

J’étais donc tout content de me dire que finalement, dans mon malheur…je m’en sortais pas si mal…que ma politique de sauvegarde était « niiiiiiiiiickel top moumoute » (même si certains camarades commençaient à se foutre de moi, gentiment…ou pas).

Et là, cet immonde salopard de Murphy m’attendait au tournant (vu le nombre de tournants dans cette histoire, je devrais plutôt parler de…chicanes) ; le lecteur DVD du premier ordinateur refuse de lire le DVD-RW… le lecteur DVD du deuxième ordinateur refuse, lui aussi, de lire le support…

Je me jette donc sur le graveur de DVD externe de notre atelier et le branche sur l’un des ordinateurs ; me disant que lui au moins…avait un système « assez sensible » pour accéder au contenu de ce support… Il y accède et là, c’est le drame : il ne voit rien…que dalle…nada !
😯 😳 😥

Pas encore de tremblements dans la voix…mais un peu tendu, je vais dans le bureau du chef de service et je lui demande si je peux accéder à ma session sur son ordinateur car via le réseau, je n’arrive pas à accéder à mes partages sur son poste !

…gNiIîïiii… Session corrompue, l’ordinateur recréé une nouvelle session et plus de trace de mes partages ; bah oui…mes fichiers prenaient trop de place et ce n’était pas MON ordinateur (l’histoire se répète par boucles, parait il…du moins avec certaines personnes, c’est le cas) ; je ressors du bureau tel un zombi…tant par la vitesse de déplacement que par l’aspect délabré du bonhomme…et avec le cerveau qui a fait un « atterrissage de têtes » !

Pendant quelques jours, je tente de réanimer les deux disques à grands coups de logiciels de récupération de données (comme ceux-ci)…
…mode acharnement thérapeutique, tel le docteur Frankenstein qui essaie de faire vivre une créature composée de bouts de cadavres.

Sans succès, je dois bien le dire… Cette semaine de travail a été très longue je dois dire et nerveusement éprouvante ; je ne rentre pas dans les détails car tous les aspects ne sont pas techniques…on va dire ça comme ça !

Bon…sinon, ne partez pas en courant…ou du moins : pas tout de suite ! Car j’ai quand même récupéré une partie de mes données…
Héhé :mrgreen:

En effet, quelques mois plus tôt, pour sauvegarder mes fichiers de travail les plus importants (du moins à mes yeux), c’est à dire ceux que je mettais sur le DVD-RW…j’ai dérogé exceptionnellement à l’une de mes règles ; j’ai amené mon disque dur externe du boulot chez moi et j’ai archivé une bonne partie de mes données sur mon micro perso (je ne grave jamais directement avec des données qui sont sur un support externe)…

Comme j’étais en plein rush, que je courais partout comme un lapin sous vicodine, je n’ai pas « purgé » le répertoire tampon après avoir ramené mon disque dans son lieu de stockage…
…au final, je n’ai perdu que quelques mois de fichiers de travail (pourquoi ai je dérogé à ma règle !? Tout simplement parce que le graveur de DVD externe de notre atelier était en maintenance car en panne) !

Bref, ce n’est pas une catastrophe car l’essentiel était sur un serveur de partage avec de vraies sauvegardes faites tous les jours sur des streamers DAT ; mais ça fait quand même mal…
…surtout quand on réalise que les plus étanches à une quelconque sauvegarde, n’auront pas perdu plus de fichier de travail que moi !

J’ai discuté de cette expérience avec quelques potes, dont un…qui travaille dans un grand groupe et qui est un fana de statistiques ; quand je lui ai parlé de ça et du pourcentage de chances que ça avait de m’arriver…il m’a répondu que j’avais autant de chances que ça m’arrive…que de me retrouver instantanément téléporté sur la lune. Il a éclaté de rire quand je lui ai répondu que je l’appelais d’un cratère juste à côté de la mer de la Tranquillité !

Conclusion !? J’ai adapté ma politique de sauvegarde de données… N’essayez même pas de l’imaginer, vous me prendriez pour un fou ou pour un grand malade !
😆

Et vous… Vous êtes vous déjà posé ces questions :

  • qu’est ce que j’accepte de perdre ?
  • qu’est ce que je peux me permettre de perdre ?

2 commentaires

  1. Pas à ce point mais j’ai 2 disques de sauvegardes qui m’ont fait le même coup

    Par contre là où windows voulait formater mon disque, une distribution linux m’a permis de lire 2 partitions sur 3 et la dernière j’ai utilisé testdisk en ligne de commande

    En tout cas toujours essayer de lire les données sur 2 OS, sinon une clef live et hop.

    • Yep, toujours essayer le plus de choses possibles…
      …bon, à cette époque là je n’avais pas de clé USB bootable (d’ailleurs ça n’aurait servi à rien car aucun des ordinateurs présents dans l’atelier n’était capable de booter sur de l’USB, uniquement sur CDROM) ; dans ce cas précis, j’ai utilisé « entre autre » un LiveCD d’Ubuntu et un LiveCD construit avec PE Builder (outil que j’ai utilisé de 2004 à 2009)… Maintenant, j’ai une palanquée d’outils sur clé USB mais j’ai gardé un minimum d’outils sur CD et DVD bootable (on est jamais à l’abri d’une UC, même récente, qui refuse de booter sur clé USB…y a des chipsets parfois bizarres des fois) !

      Habitude que j’ai pris aussi, c’est de faire une copie complète du disque avant que de tenter la moindre tentative de récupération de données…

      Merci pour le commentaire, j’me sens moins seul pour ce qui est des « pas de bol pour tes données pépère »… 😉

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